Partir (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

I.
(ne s'emploie plus qu'à l'infinitif et au participe passé). X e siècle. Issu du latin partiri , « diviser en parties, ré ». Anciennt. Diviser en plusieurs parts. Subsiste dans l'expression Avoir maille à avec quelqu'un , avoir avec lui un différend, généralement sur un sujet de peu d'importance. Au participe passé, adjt., voir Parti II .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je pars; nous partons. Je partais. Je partis. Je suis parti. Pars. Parlons. Que je parte. Que je partisse.") Quitter un lieu pour se diriger vers un autre. "Nous partons pour la promenade. Il est parti de Paris. Il vient de pour Rome. Il a dans trois jours pour la campagne. Il serait parti aujourd'hui, sans une affaire qui lui est survenue. Il ne fait que de . Vous n'avez pas été plus tôt parti qu'il est arrivé. Le train part à telle heure. Ce navire a bientôt. Vous partez bien vite. Il est parti il y a huit jours".
Il signifie aussi Se mettre à courir; et, en parlant des Animaux, des oiseaux, Prendre sa course, son vol. "Au moindre signe, il part comme l'éclair. Dès que le signal a été donné, il est parti comme un trait. Le chien a fait la perdrix."
En termes de Manège, "Ce cheval part bien de la main," Dès qu'on lui baisse la main, il prend bien le galop.
PARTIR signifie, en termes de Musique, Commencer à jouer, à chanter. "Les violons ne sont pas partis en mesure. Les choeurs sont partis en retard."
Fig., "Partir d'un éclat de rire, d'un grand éclat de rire," Rire tout à coup avec éclat.
PARTIR, en parlant des Choses, signifie Sortir avec impétuosité. "Le bouchon est parti tout seul." Fig., "Ce mot est parti plus vite que je n'aurais voulu."
Il se dit également des Armes à feu dont le coup part, d'un ressort qui se détend brusquement, etc. "Les fusils partent. Faire un ressort."
PARTIR signifie aussi, en parlant des Choses, Tirer son origine, avoir son commencement. "Tous les nerfs partent du cerveau. Toutes les artères partent du coeur. C'est de cette montagne que part la source du fleuve. Cette rue part de telle place et aboutit à telle autre."
Fig., "Il est parti de rien," Il est d'une basse origine.
PARTIR signifie, figurément, Émaner. "Ce conseil ne part pas de lui. Cet avis est parti de bon lieu. Tout ce qui part de son esprit a de l'originalité. Cela part d'un bon coeur, d'un bon naturel. Ce langage part du coeur. Cela part d'un mauvais principe."
Fig., "Partir d'un principe," Poser ou admettre un principe et raisonner en conséquence. "Dans cette discussion, il est parti d'un bon, d'un faux principe." On dit à peu près dans le même sens : "Partir d'un point, d'une donnée. Partons de là. Partant de là, je conclus."
PARTIR s'emploie substantivement en termes de Manège. "Le du cheval. Ce cheval a le prompt, a de la grâce au ."
À PARTIR DE, . À dater de; en commençant à. du règne de Louis le Gros, les communes ont commencé à être affranchies de la féodalité. À d'aujourd'hui, soyez plus exact. À du troisième acte, l'intérêt de cette pièce va en s'affaiblissant."
de là," En supposant telle chose. "Vous prétendez que l'homme n'est pas libre; à de là, nos actions ne seraient ni bonnes, ni mauvaises." Il vieillit.
PARTIR était autrefois transitif et signifiait Diviser en plusieurs parts. On ne l'emploie plus guère en ce sens qu'à l'infinitif dans cette phrase figurée : "Avoir maille à avec quelqu'un," Avoir avec lui quelque démêlé.
Le participe passé est encore usité en termes de Blason et signifie Qui est divisé perpendiculairement en parties égales. Il se dit de l'Écu". Il porte parti d'or et de gueules." On le dit aussi en parlant d'un Aigle à deux têtes. "Il porte de sable à l'aigle d'or au chef parti." Voyez MI-PARTI et PARTIE, adj.



1ère définition d'Emile Littré

Verbe 


Diviser en plusieurs parts (terme vieilli).
RÉGNIER: « Aussi rien n'est parti si bien par la nature, Que le sens, car chacun en a sa fourniture »
LA FONT.: « ...Ces gens, gais et joyeux, Sont sur le point de leur chevance »
    Fig. Avoir maille à avec quelqu'un, avoir quelque démêlé avec lui (seule locution où soit encore employé, et qui signifie au propre avoir un sou à partager).
MOL.: « Et l'on nous voit sans cesse avoir maille à (voy. »MAILLE 3).

ÉTYMOLOGIE
    Voy. PARTIR 2, qui est le même que 1 ; l'historique montrera comment les deux significations vont de l'une à l'autre. Partir, fort peu usité aujourd'hui au sens de partager, a conservé ce sens dans les composés départir, répartir.


2ème définition d'Emile Littré




 1   Quitter un lieu, s'en aller d'un lieu.
CORN.: « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port »
BOILEAU: « Il veut à jeun ; il se peigne, il s'apprête »
RAC.: « Vous voulez que je parte demain ; Et moi j'ai résolu de tout à l'heure »
RAC.: « Partez, enfants d'Aaron, partez ; Jamais plus illustre querelle De vos aïeux n'arma le zèle.... C'est votre roi, c'est Dieu pour qui vous combattez »
STAAL: « On est ordinairement moins fâché quand on part que quand on voit »
P. LEBRUN: « Allez, je vous bénis ; partez, âme chrétienne »
    Fig.
BOSSUET: « Par leur conseil [de personnes pieuses] je laisse cet écrit pour l'aller joindre aux autres discours qui ont déjà paru sur ce sujet »
BOILEAU: « Allez, partez, mes vers, dernier fruit de ma veine »
    Terme de marine. Quitter un port, une rade, commencer une navigation, s'éloigner d'un pays.

 2   Partir se dit quelquefois pour mourir.
SÉV.: « C'est la règle et la raison, ma fille, que je parte la première ; et Dieu.... sait bien avec quelle instance je lui demande que cet ordre s'observe en moi »
MAINTENON: « Je suis une pauvre vieille, qui n'est plus bonne à rien et qui a bientôt »

 3   Fig. Il se dit de l'argent qu'on dépense et qui semble .
J. J. ROUSS.: « Je me trouvai le soir à Meudon, où je dépensai le peu qui me restait, hors dix creutzers qui ent le lendemain à la dînée »

 4   Partir se dit des hommes, des animaux qui quittent précipitamment un endroit. Au moindre signe il part comme l'éclair.
LA FONT.: « La colombe l'entend, part, et tire de long »
LA FONT.: « Il [le lièvre] partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit Furent vains.... »
    Partir du pied droit, du pied gauche, commencer à marcher par le pied droit, par le pied gauche.
    Ce n'est pas tout de courir, il faut à temps.
LA FONT.: « Rien ne sert de courir ; il faut à point »
    Terme de manége. Partir juste, entamer l'allure du galop sur le pied de devant.
    Partir de pied ferme, faire le cheval du pas au galop.
    Partez ! Mot que prononce le maître d'académie quand il veut que l'élève aille le galop.
    Partir de la main, rendre tout à coup la main au cheval afin qu'il prenne le galop.
    Ce cheval part bien de la main, il prend bien le galop dès qu'on lui baisse la main.
    Fig. et familièrement. Il part de la main, se dit d'un homme qui fait avec promptitude ce qu'on lui demande.
    S. m. Le moment où le cheval part pour se porter en avant. Ce cheval a le prompt.
    Un beau , la course qu'on fait faire au cheval sur une ligne droite, sans qu'il s'en écarte ou se traverse.

 5   Terme de musique. Commencer.
REGNARD: « Çà, comptez bien vos temps pour cette fois, C'est vous qui commencez ; allons, vite : un, deux, trois ; Partez donc, partez donc, musicien barbare »
    Fig. Partir d'un grand éclat de rire, rire tout à coup avec éclat.

 6   En parlant des choses, sortir avec impétuosité.
BOSSUET: « Quand tout cédait à Louis et que nous crûmes voir revenir le temps des miracles où les murailles tombaient au bruit des trompettes, tous les peuples jetaient les yeux sur la reine, et croyaient voir de son oratoire la foudre qui accablait tant de villes »
RAC.: « Le coup qui l'a perdu n'est parti que de lui »
RAC.: « Quand la foudre s'allume et s'apprête à »
VOLT.: « C'est l'éclair qui paraît, la foudre va »
    Il se dit dans un sens ana logue des choses intellectuelles, morales.
SÉV.: « Cela partit plus vite qu'un trait, et nous en rîmes tous plus ou moins »
J. J. ROUSS.: « Elle abondait en saillies charmantes qu'elle ne recherchait point, et qui partaient quelquefois malgré elle »
J. J. ROUSS.: « À l'instant mon imagination part comme un éclair, et me dévoile tout le mystère d'iniquité »
BARTHÉL.: « Du sein de ces assemblées, qu'un mouvement confus sépare et renouvelle sans cesse, partent mille traits ingénieux ou sanglants contre ceux qui paraissent à la promenade avec un extérieur négligé »

 7   Il se dit des armes de jet ou des armes à feu. Le fusil a parti tout à coup.
CORN.: « À peine du palais il sortait dans la rue, Qu'une flèche a parti d'une main inconnue »

 8   Terme de cuisine. Faire des haricots, les faire bouillir, les faire crever.
    Terme de métier. Faire la pierre, la séparer et l'ouvrir avec des coins de fer.

 9   Prendre pour point de départ d'un discours, d'un raisonnement, etc.
MONTESQ.: « Il faut de l'état où est notre être pour connaître quels sont ses plaisirs »
BUFF.: « Partant de cette supposition »
VOLT.: « Il est impossible de raisonner avec eux ; car je pars d'un principe.... »
SAURIN: « Un autre que vous serait parti de là pour renchérir sur les médisances de la comtesse »

 10   Tirer son origine, avoir son commencement, avec un nom de chose pour sujet. Les nerfs qui partent du cerveau.
ROLLIN: « Des vingt-cinq portes de chaque côté du carré partaient autant de rues qui aboutissaient aux portes du côté opposé, de sorte qu'il y avait cinquante rues qui se coupaient à angles droits »
BUFF.: « La différence la plus remarquable qu'il y ait entre le duc commun et le duc de la baie d'Hudson, c'est que les aigrettes partent du bec au lieu de des oreilles »

 11   Provenir, émaner, en parlant de rayons, de lumière, de sons, de mouvements. Les sons partaient d'un point éloigné. Les vibrations partent de ce point.
VOLT.: « De lui [soleil] partent sans fin des torrents de lumière »
VOLT.: « Déjà je le traînais.... Vers les lieux d'où partait cette faible lumière »
CONDIL.: « Il n'y a que l'expérience qui puisse l'accoutumer [l'homme] à juger de la distance qui est entre lui et l'endroit d'où part le bruit »
V. HUGO: « Un cri part, et soudain voilà que par la plaine Et l'homme et le cheval emportés, hors d'haleine.... Volent avec les vents »

 12   Fig. Provenir, par une sorte d'origine que l'on compare à celle des choses physiques.
VOIT.: « Celles-là [lettres] ne partaient que de mon esprit ; celles-ci partent de mon coeur »
CORN.: « Périsse mon amour, périsse mon espoir, Plutôt que de ma main parte un crime si noir ! »
LA FONT.: « Votre compassion.... Part d'un bon naturel »
SÉV.: « Les chagrins qui partent de l'amitié que j'ai pour vous, me sont plus agréables que toute la fausse paix d'une ennuyeuse absence »
SÉV.: « De telles vengeances rudes et basses [rigueurs contre Fouquet] ne sauraient d'un coeur comme celui de notre maître [le roi] »
RAC.: « Mon malheur est parti d'une si belle cause ? »
RAC.: « On ne sait point d'où part ce dessein furieux »
LA BRUY.: « Les vices partent d'une dépravation du coeur ; les défauts, d'un vice de tempérament ; le ridicule, d'un défaut d'esprit »
VOLT.: « Je t'entends ; son arrêt est parti de ta bouche »
VOLT.: « C'était un étrange contraste que du sein d'une cour voluptueuse où régnaient la douceur des moeurs, les grâces, les charmes de la société, il partît des ordres si durs et si impitoyables »
VOLT.: « Le trait de lumière qui éclaire aujourd'hui le monde [savoir que la terre tourne autour du soleil] partit de la petite ville de Thorn [patrie de Copernic] dans la Prusse polonaise, dès le milieu du XVIe siècle »
    Fig. et populairement. Cela part de sa boutique, cela vient de lui (en mauvaise part).

 13   Fig. Être produit.
CORN.: « Peut-être jamais deux pièces [Mélite et Clitandre] ne ent d'une même main plus différentes et d'invention et de style »
MALEBR.: « Toutes les parties dont l'oeil est composé ont un rapport si juste et si sagement proportionné à l'action de la lumière, que la lumière et les yeux sont visiblement faits l'un pour l'autre, et partent d'une même main »
FONTEN.: « Tel ouvrage qui est fort médiocre, n'a pu que d'un génie sublime, et tel autre ouvrage qui est assez beau a pu d'un génie assez médiocre »

 14   À de, loc, prép. à dater de, en commençant à.
CHATEAUBR.: « C'est à de la prédication de l'Évangile que la face du monde a été renouvelée »
    À de là, loc. adv. En supposant telle chose ; depuis ce moment.
RÉGNIER: « Puis au de là vous disent.... »

 15   Au de, au moment du départ (locution où l'infinitif est pris substantivement).
HAMILT.: « Plus belle qu'elle n'était au de Londres »
J. B. ROUSS.: « Soucis cuisants au de Caliste Jà commençaient à me supplicier »
P. L. COUR.: « Au de cette fontaine on les mena voir une prison d'hommes, où tous étaient tenus les pieds dans des ceps d'or »

REMARQUE
    1. Partir prend l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'action de , et l'auxiliaire être quand on veut marquer l'état du sujet parti. Je m'approche d'un chasseur, je lui demande quand le lièvre a parti. Il me répond : Il y a longtemps qu'il est parti.
    2. Il ne faut pas dire : à la campagne, en Italie, mais pour la campagne, pour l'Italie.
    3. On ne dit pas non plus en voyage ; mais simplement , ou pour un voyage.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Lois de Guil. 47: [Que] nuls ne lait [laisse] sun hume de li , puisqu'il est reté [en accusation]
     Ch. de Rol. CCLVII: Al plus espais [de la mêlée] les rompent et partissent [séparent]
    XIIème siècle
     Ronc. p. 58: Mort [il] le trebuche, l'ame s'en est partie
     ib. p. 115: Par sous le coute, [la main] lui fu du cors partie [coupée]
     Couci, VIII: Et s'il est riens qui m'en puisse [séparer]
     ib. IX: Que ferai, Diex ? me ai de lui [elle] ?
     ib. X.: De ceste amour qui tant me fait pener, Ne voi-je pas com je puisse
     ib. XVIII: Je ne m'en puis ne traire ariere
     ib. XX.: Tuit sont parti de moi joieus talent [désirs]
     ib. XXI: Je ne tieng pas l'amour à droit partie [partagée], Dont il convient mourir ou trop aimer
     ib. XXIV: Partir m'estuet [il me faut ] de vous sans demorer
     ib. XXIV: Mais nul , sachez, quoi que nuls die, N'est douloureus que d'ami et d'amie
     Sax. XIX: Peu aime son seigneur.... Qui par fausse ochoison de lui servir se part
     ib. XXIV: Lors [ils] sauront comme Charles nous a le jeu parti
     ib. XXIX: La parole est finée, et li conseils se part
    XIIIème siècle
QUESNES: « Tous li clergés et li homme d'eage Partiront [auront leur part] tout à cest pelerinage »
VILLEH.: « Nous la ons par mi ; si en prendrés la moitié et nous l'autre »
     Berte, XXVIII: ....Se [vous] saviez orendroit à quel meschief je sui, li cuers vous oit
     ib. LXXII: Au l'a li rois mout doucement baisie
     Ren. 1204: Se d'ilec [le renard] se veut departir, De sa qeue l'estuet [se séparer de sa queue, la perdre]
     la Rose, 10818: Vente ne doit nul guerredon, Ni affiert graces ne merites ; L'ung de l'autre se part tous quites
     Ass. de J. 153: Et après les gardes dou champ les deivent mener [les champions] à une part dou champ, et [partager] leur le soleil
     Ch. d'Ant. VI, 245: Lors a songié un songe dont moult s'esmerveilloit ; Vit le ciel aovrir et terre qui partoit
BEAUMANOIR: « Et li enfant du second mariage, né comme loiel oir [hoirs loyaux], oient [auraient part] au descendement de lor pere et de lor mere »
JOINV.: « Et il me distrent : Sire, le jeu nous est mal parti [inégal] »
JOINV.: « Et pour ce vaut il miex, si comme il me semble, que nous le façons occirre, avant qu'il nous parte des mains »
    XIVème siècle
ORESME: « Ton empire biparti, c'est à dire party en deux »
    XVème siècle
FROISS.: « Endementres que ces gens d'armes.... s'appareilloient, et qui premier avoit fait premier partoit.... »
FROISS.: « Et souvent leur avenoient de belles aventures et perilleuses, desquelles ils se partoient à leur honneur »
FROISS.: « Et fut la cité de Tournay partie [partagée] pour loger les seigneurs »
     Perceforest, t. IV, f° 4: Quant ilz furent assemblez et tous venus, et que les maistres du tournoy eurent party [partagé le champ]
LEROUX DE LINCY: « Qui a à a à marrir [à s'affliger] »
    XVIème siècle
RAB.: « Voyant que là n'estoyent que troys tigneux et ung pelé de legistes, se partit dudict lieu »
RAB.: « La nymphe Ora avoyt le cors my parti en femme et en andouille »
RAB.: « La plume blanche par dessus, mignonnement partye à paillettes d'or »
MARGUER.: « Je connois bien, depuis que je suis partie de vous, qu'il n'est nulle pire prison que d'ung corps eslongnant les lieux où son cueur est aresté »
MARGUER.: « Il avisa qu'elle n'avoit pas l'anneau qui jamais ne lui partoit du doigt »
MONT.: « Vostre estre est egalement party à la mort et à la vie »
MONT.: « Ces façons partent plustost de folie que de vraye raison »
MONT.: « Nous partons le fruict de nostre chasse avecques nos chiens »
DESPER.: « Nous ne faisons que [nous sortons] de boire, toutefoys.... »
AMYOT: « Cela faict, Theseus se partit pour aller combattre le taureau de Marathon »
AMYOT: « Puis en partissant au sort les charges de la chose publique avec son compagnon, il luy escheut de faire la guerre à Philippus »
H. EST.: « Il oit un oeuf en deux, une maille en deux »

ÉTYMOLOGIE
    Wallon, parti, paûrti ; Berry, , partager ; provenç. et espagn. ; ital. e, du lat. i, dénominatif de part-em, diviser en plusieurs parts (voy. PART 2). Partir a essentiellement, comme on voit dans l'historique, le sens de partager, diviser, séparer ; de là se , et, neutralement, a passé sans peine à la signification de se séparer d'un lieu, quitter un lieu ; comparez sortir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Diviser en plusieurs parts. Il est vieux; on ne l'emploie guère qu'à l'infinitif, et dans cette phrase proverbiale et figurée, "Avoir maille à avec quelqu'un," Avoir avec lui quelque démêlé. "Ils ont toujours maille à ensemble."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je pars, tu pars, il part; nous partons. Je partais. Je partis. Je suis" ou "J'ai parti. Pars. Partez. Etc.") Se mettre en chemin, commencer un voyage. "Nous partons pour la promenade. Il est parti de Paris. Il vient de pour Rome. Il a dans trois jours pour la campagne. Il serait parti aujourd'hui, sans une affaire qui lui est survenue. Il ne fait que de . Vous n'avez pas été plutôt parti qu'il est arrivé. Cette voiture part tous les jours à telle heure. Ce navire a bientôt. Vous partez bien vite. Les courriers partent à différents jours."
Il signifie aussi, Se mettre à courir; et, en parlant Des animaux, des oiseaux, Prendre sa course, son vol. "Au moindre signe, il part comme l'éclair. Dès que le signal a été donné, il est parti comme un trait. Le lièvre partit à quatre pas des chiens. Le chien a fait la perdrix."
En termes de Manége, "Ce cheval part bien de la main," Dès qu'on lui baisse la main, il prend bien le galop.
Fig. et fam., "Il part de la main," se dit D'un homme qui fait avec promptitude ce qu'on lui ordonne, ce qu'on lui demande.
Fig., "Partir d'un éclat de rire, d'un grand éclat de rire," Rire tout à coup avec éclat. "En voyant cet homme, il est parti d'un grand éclat de rire."
Fig., "Partir d'un principe," Poser ou admettre un principe, et raisonner en conséquence. "Dans cette discussion, il est parti d'un bon, d'un faux principe." On dit à peu près dans le même sens: "Partir d'un point, d'une donnée. Partons de là. Partant de là, je conclus. Etc."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant Des choses, signifie, Sortir avec impétuosité. "La bombe part du mortier. La foudre qui part de la nue. Le trait partit avec impétuosité. Le coup part. J'ai vu le coup."
Il se dit également Des armes à feu dont le coup part, d'un ressort qui se détend brusquement, etc. "Le fusil a parti tout d'un coup. Faire un ressort."
Il s'emploie aussi au sens moral. "Il est vif, sa réponse ne tarde pas à . Cela part plus tôt que la réflexion. Ce mot est parti plus vite qu'il n'aurait voulu."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant Des choses physiques, signifie encore, Tirer son origine, avoir son commencement. "Tous les nerfs partent du cerveau. Toutes les artères partent du coeur. C'est de cette montagne que part la source du fleuve. Cette rue part de telle place, et aboutit à telle autre. Il part de cette ville plusieurs grandes routes qui vont jusqu'aux extrémités du royaume."
Il s'emploie aussi en parlant Des choses morales, et signifie, Émaner. "Ce conseil ne part pas de lui. Cet avis est parti de bon lieu. Tout ce qui part de son esprit a de l'originalité. Cela part d'un bon coeur, d'un bon naturel. Ce langage part du coeur. Cela part d'un mauvais principe." On dit figurément et populairement, "Cela part de sa boutique," Cela vient de lui; et cette expression s'emploie toujours en mauvaise part.



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie substantivement en termes de Manége. "Le du cheval. Ce cheval a le prompt, a de la grâce au ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Parti".] Je "pars", nous "partons", je "partois", ou "partais"; je "partis"; je "suis parti;" je "partirai;" je "partirois", ou "partirais;pars;" que je "parte;" je "partisse"; "partant", "parti". = Quelques-uns, ou par ignorance, ou par inadvertance, disent j'"ai parti", au lieu de, je "suis parti". 'Il n'arriva qu'un jour après, quoique le premier "eût" (fût) "parti" deux jours auparavant. "Anon." Ce verbe prend toujours "être" pour auxiliaire dans ses tems composés.
   PARTIR, c'est se mettre en chemin, comencer un voyage. 'Il vient de " pour" Paris. 'Il "partira" demain. Il "est parti" la semaine passée. = Avec la négative et la prép. "de", il signifie ne pas bouger d'un endroit. 'Il "ne part point de" l'Église. "Trév." = L' "Acad." avait mis: il "n'a point parti de" là depuis trois heures. À~ ce compte là, "partir" prendrait, en ce sens, l'auxiliaire "avoir"; mais on a retranché cet exemple dans la dernière édit. = Ce verbe régit la prép. "de" pour le lieu qu'on quitte, et "pour" avec l'acusatif pour l'endroit où l'on va. 'Il "est parti de" Paris "pour" Rome. * Le P. "Bârre" met à la place du 2d régime la prép. "à" 'Le Pape fit "partir" aussi Brunon "à" Cologne. "Hist. d'Allem." Dites, "pour" Cologne.
   PARTIR se dit aussi des chôses inanimées. = "Sortir" avec impétuosité. 'La bombe qui "part du" mortier, la foûdre "de la" nûe. 'Le trait "partit" avec tant d'impétuosité que etc. 'J' ai vu "partir" le coup. = "Tirer son origine de..." 'Tous les nerfs "partent du" cerveau, toutes les artères "du" coeur. = "Figurément", en chôses morales, "émaner": 'Cela "part d'un" bon coeur, "d'un" mauvais principe, "de" bonne main. = "Figurément", aussi, apliqué aux persones, conclure, se prévaloir de... 'Rollon "partit de" cette convention pour les soumettre (les divers Comtes, qui s'étaient partagés la Bretagne) et pour exiger leur hommage. "Moreau". = "À~ de", en començant à... '"À~ du" règne de Louis le Bègue, on ne voit plus aucune trace de la juridiction des "Missi". MOREAU. 'Ils n'ont été admis à un partage dans les bénéfices, qu' d'une" somme supérieure de quelques millions au prix du bail. "Necker". = Cet adverbe est un néologisme. Il parait plus du style familier que du haut style.
   PARTIR est s. m. en termes de Manège. '"Le " du cheval. 'Faites atention "au ".




Emplacement dans le dictionnaire :

particulierement
partie
partie de jeu
partiel
partiellement
parties
parties casuelles
partil
partimenti

partisan
partite
partition
partout
parturition
paru
parure
parûre
parution
parvenir
parvenu




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...encore dans l'embrasure de la porte. - la lampe s'éteignait, et l'homme venait de s'endormir... j'en fis autant bientôt, d'un sommeil léger toutefois, et quand, au petit jour, je me levai pour partir, je vis qu'il n'avait point changé de place ; sa tête seule s'était affaissée, et reposait sur la table... je fis ma toilette au fond du jardin sous les mimosas, dans un ruisseau d'eau fraîche ; -...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...aimante, et pure ! ... -c'est comme un voile de ténèbres qui l'enveloppe, -une mort anticipée qui l'étreint et qui la glace. Peut-être ne serait-il pas impossible de la sauver encore, -mais il faut partir, s'en aller pour toujours, -et le temps passe et on ne peut rien ! ... alors ce sont des transports d'amour, d'amour et de larmes ; -on veut s'enivrer à la dernière heure de tout ce qui va vous être...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...activité extrême, et faisait beaucoup d'ouvrage, ce qui n'est point habituel aux femmes tahitiennes ; tout ce mouvement trompait sa douleur. -je sentais bien que son coeur se déchirait en me voyant partir ; je la retrouvais elle-même, et je reprenais un peu de confiance et d'espoir... nous avions à emballer une quantité d'objets, -une foule de choses qui eussent fait sourire beaucoup de gens : des...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Mariage de Loti : Rarahu)

...pour la nuit leurs feuilles délicates ; -les mimosas légers, les goyaviers noirs, avaient déjà pris leurs teintes du soir, -et ce soir était le dernier, -et demain, au lever du soleil, j'allais partir pour toujours... tout ce pays et ma petite amie bien-aimée allaient disparaître, comme s'évanouit le décor de l'acte qui vient de finir... celui-là était un acte de féerie au milieu de ma vie, -mais...


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